Je n'allais pas rester à me morfondre sur mon sort. Il fallait que je réagisse à ce classement. Il a été comme une grande claque. C'était dur de travailler tout en savant que je n'allais pas avoir mon année. Mais un diagnostic du premier semestre devait être fait, et il a d'ailleurs été plutôt rapide à faire : j'avais, certes, beaucoup travaillé, niveau quantité j'avais été au top mais c'est la qualité qui compte, et c'est là-dessus que ça avait pêché.

Au deuxième semestre, je connaissais bien la PACES, j'ai directement pris un bon rythme, je m'organisais mieux, je privilégiais la qualité à la quantité dans mon travail, c'est-à-dire qu'au lieu de passer 3 heures sur le même chapitre à essayer de l'apprendre, je le revoyais plusieurs fois sur plusieurs jours. Ca forge la mémoire. Je relisais plusieurs fois mes cours.

Je savais que certains s'étaient relâchés car ils étaient loin dans le classement et j'ai vu là l'occasion de gagner plein de places, de ne rien lâcher et que travailler maintenant serait un plus en doublante. Les primants qui lâchent le deuxième semestre ont une mauvaise stratégie, car l'année suivante lorsqu'ils seront doublants ils seront au même point que les primants.

Je me suis alors fixée l'objectif d'être classée, à l'issue du deuxième semestre, au moins dans les 500 premiers, pour me rassurer pour mon année de doublante. C'est ce but qui m'a permis de ne pas flancher. Oui, je savais que j'allais doubler, mais je voulais "bien doubler".

Les matières étaient plus intéressantes, plus vivantes, concrètes : la physio, l'anatomie. Et la biophysique m'est devenue plus... accessible. Alors, ce deuxième semestre, bien que plus long que le premier (5 mois contre 4 mois au premier), est passé beaucoup plus vite.

J'étais plus sereine, moins stressée. J'ai moins galéré à trouver ma place le jour du concours, haha ça peut-être stressant ça. Je m'en souviens en décembre quand je n'arrivais pas à trouver ma place ! C'est l'horreur quand t'es primante ! Tu débarques dans une salle gigantesque (vive le Parc Expo!), dont tu ne vois pas le bout, qui grouille d'autres Pacessiens affolés marchant à toute vitesse. Une salle remplie de 2000 tables, et toi tu es là, perdu, tu as l'impression que tu ne vas jamais trouver la tienne, que l'épreuve va commencer sans toi, que tu n'arriveras pas à trouver la réponse au QCM, que.... Mais tu finis toujours par la trouver...ta table :)
Donc les jours du concours, le 20 et 21 mai, ( c'est sur deux jours car j'avais pris que médecine sinon c'est trois), j'étais ... non décontractée n'est pas le bon terme mais disons que j'étais BEAUCOUP moins stressée. Parce que je savais que j'allais doubler ? Parce que j'étais confiante et que je savais que je connaissais bien mes cours et que je pouvais avoir de bonnes notes ? Parce que c'était la fin d'une année d'enfer et que après c'était ENFIN les vacances ? Hmmm...Je ne saurais dire...

Fin juin le jour des résultats arrive : je suis dans les 500 sur 1747 inscrits en médecine (12 de moyenne). J'étais super contente, j'avais atteint mon objectif : être dans les 500. J'étais rassurée, je savais que j'avais une chance en doublante, que moi aussi je pouvais y arriver.

Donc au final, je m'étais mis une pression énorme pour avoir cette fichue PACES du premier coup, et mon mauvais classement a été violent pour moi, mais j'ai gardé la niaque et c'est cette niaque qui m'a fait gagner autant de places.

Ca y est, je suis officiellement doublante avec la rage de me surpasser.